Valorisation des déchets plastiques : une dynamique commune émerge à Fort-Dauphin, Mahajanga et Tuléar

Entre le 10 et le 18 juin 2026, trois villes de Madagascar – Tuléar, Mahajanga et Fort-Dauphin – ont accueilli des rencontres de concertation consacrées à la valorisation des déchets plastiques. Organisées par le GRET avec l'appui de l'UNICEF, ces réunions ont permis aux acteurs locaux de partager un diagnostic, d'identifier les principaux défis de la filière et de construire des feuilles de route adaptées aux réalités de chaque territoire.

Face à l'augmentation de la production de déchets plastiques dans les centres urbains, les collectivités territoriales sont confrontées à des défis grandissants en matière de collecte, de traitement et de valorisation. Bien que les contextes diffèrent d'une ville à l'autre, les conséquences sont souvent les mêmes : décharges sauvages, obstruction des réseaux de drainage, pollution des espaces publics et perte d'opportunités économiques liées au recyclage.

Afin d'accompagner les collectivités dans cette réflexion, le GRET, avec l'appui de l'UNICEF, a conduit des études de diagnostics et organisé des ateliers de restitution à Tuléar (10 juin), Mahajanga (17 juin) et Fort-Dauphin (18 juin). Ces rencontres ont réuni les services techniques de l'État, les communes, les organisations de la société civile, les entreprises privées et les acteurs de la récupération des déchets autour d'un objectif commun : bâtir une filière de valorisation des déchets plastiques plus performante et durable.

Les diagnostics ont révélé des situations préoccupantes dans les trois villes. À Mahajanga, environ 164 tonnes de déchets sont produites chaque jour, alors que les capacités de collecte ne couvrent qu'une partie des besoins. À Tuléar, près de 100 tonnes de déchets sont générées quotidiennement, dont une part importante de plastiques, tandis que le Centre de Stockage et de Valorisation des Déchets est aujourd'hui à l'arrêt. À Fort-Dauphin, la ville produit près de 70 tonnes de déchets par jour et le tri à la source reste encore peu pratiqué. Au-delà de ces chiffres, les échanges ont fait ressortir des préoccupations communes : insuffisance des moyens financiers et logistiques, faible sensibilisation des ménages, manque de débouchés pour les plastiques recyclables, coordination encore limitée entre les intervenants et besoin de renforcer les mécanismes de gouvernance de la filière.

L'un des principaux acquis de ces ateliers réside dans la co-construction de solutions adaptées à chaque territoire. Les participants ont élaboré des recommandations visant notamment à améliorer le tri à la source, renforcer les systèmes de collecte, relancer ou moderniser les infrastructures de traitement, structurer les acteurs économiques du recyclage, développer le partage des données et mobiliser davantage de partenaires techniques et financiers.

Les échanges ont également rappelé que la valorisation des déchets plastiques dépasse les seuls enjeux environnementaux. Elle représente un levier pour améliorer l'assainissement urbain, réduire les risques sanitaires et d'inondation, créer des emplois et soutenir le développement d'une économie circulaire au bénéfice des communautés.

En réunissant autour d'une même table collectivités, services techniques, organisations de la société civile et opérateurs privés, ces trois rencontres ont permis de poser les bases d'une gouvernance plus concertée de la gestion des déchets plastiques. Les feuilles de route élaborées constituent désormais des références pour accompagner la mise en œuvre d'actions concrètes dans chacune des villes, tout en alimentant une réflexion plus large sur le développement de filières locales de valorisation à Madagascar.