Pérenniser l’accès à l’eau dans le Grand Sud : des solutions concrètes au cœur de la Réunion institutionnelle de Ran’Eau

Antananarivo, 11 décembre 2025 – Tana Palm Espace. Face à l’urgence persistante de l’accès à l’eau dans le Grand Sud de Madagascar, la Réunion institutionnelle de Ran’Eau a rassemblé institutions publiques, partenaires techniques et financiers, ONG et experts autour d’une question centrale : comment transformer les investissements en services d’eau durables et résilients ? La table ronde « Retour d’expériences : Quelles stratégies adopter pour pérenniser l’accès à l’eau dans le Grand Sud de Madagascar ? » a constitué le point d’orgue de cette rencontre.

Un cap affirmé pour structurer durablement le secteur EAH

En ouverture, le Président du Conseil d’Administration de Ran’Eau a rappelé la vocation de la plateforme : fédérer les acteurs et favoriser une action concertée au service des populations. La Ministre de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hygiène a ensuite dressé un constat sans détour sur la vulnérabilité du Sud, tout en soulignant les avancées structurantes engagées par l’État. La validation de la PNEAH, l’aboutissement prochain du Code de l’Eau, ainsi que l’accent mis sur la pérennisation des infrastructures EAH traduisent une volonté claire de renforcer la gouvernance du secteur. Les projets structurants visités, tels que le Pipeline et les systèmes à usages multiples (MUS), illustrent cette orientation vers des solutions adaptées aux réalités locales.

Du retour d’expériences aux leviers de durabilité sur le terrain

Animée par la Direction Exécutive de Ran’Eau, la table ronde a mis en dialogue des approches complémentaires. Le MEAH a rappelé que la PNEAH constitue le socle de coordination des interventions pour garantir un accès équitable et durable aux services EAH. L’UNICEF a démontré la valeur ajoutée des MUS, fondés sur l’analyse fine des usages, une contractualisation tripartite entre l’État, les communes et les gestionnaires, ainsi qu’une tarification différenciée, tout en insistant sur la nécessité d’un accompagnement continu et d’une collecte de données fiable.

 

Madavance a présenté le projet Clean Water, misant sur l’innovation financière à travers la vente de crédits carbone pour financer la réhabilitation et la maintenance des ouvrages, dans une logique d’économie circulaire et de conformité aux standards internationaux. MEDAIR a partagé son expérience dans les contextes d’urgence, soulignant l’importance de garantir la continuité du service grâce à une collaboration étroite avec les acteurs humanitaires. Experts Solidaires a, pour sa part, rappelé les défis persistants du secteur – pannes des ouvrages, coordination insuffisante, manque d’outils de suivi – et a défendu une approche intégrée visant des services EAH autonomes et pérennes.

 

Les échanges avec l’assistance ont mis en lumière des enjeux transversaux majeurs : le rôle clé des communes, la responsabilisation des gestionnaires, l’institutionnalisation des bonnes pratiques et le suivi rigoureux des performances techniques et financières. En clôture, le PCA de Ran’Eau a souligné que la durabilité de l’accès à l’eau dans le Grand Sud ne dépend pas d’une solution unique, mais d’une convergence d’actions, de responsabilités et d’engagements sur le long terme.