Atelier de lancement de la composante 3 du PIAA2 : Actions de proximité
Le vendredi 23 octobre 2026, au Motel Anosy, s’est tenu l’atelier de lancement de la composante 3 du Programme Intégré d’Assainissement d’Antananarivo, phase II (PIAA2). Cette composante porte sur l’information, l’éducation et la communication (IEC), la sensibilisation communautaire et le renforcement des capacités des acteurs locaux. Au cœur des échanges : la place des habitants dans la réussite des investissements d’assainissement.
L’atelier a réuni la Commune Urbaine d’Antananarivo (CUA), la Société Municipale d’Assainissement (SMA), le Ministère de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hygiène (MEAH), l’Agence Française de Développement (AFD), d’autres partenaires et, surtout, les chefs fokontany.
Cofinancé par l’AFD, l’Union européenne et l’État malagasy, le PIAA2 représente un investissement de 53 millions d’euros pour 2,5 millions de bénéficiaires. Il prévoit des travaux à Anosy, Mahamasina, Analakely, Antanimena et dans la vallée de l’est d’Antananarivo, ainsi que des études de faisabilité de stations d’épuration (STEP). Selon les estimations présentées, atteindre les objectifs du Schéma Directeur d’Assainissement d’Antananarivo (SDAA) demanderait 690 millions d’euros. Chaque ouvrage construit représente donc un investissement rare, et sa durée de vie dépend largement de l’usage qu’en font les habitants

Bilan de la phase 1
La première phase du PIAA a principalement porté sur :
- Le diagnostic de l’assainissement à Antananarivo, qui a abouti à l’élaboration du SDAA ;
- Des travaux, notamment le curage du canal d’Andriantany et la remise à niveau de stations de pompage ;
- Les premières actions d’IEC communautaire, avec 88 000 personnes sensibilisées et la création de comités locaux de suivi et de nettoyage.
La leçon retenue de cette phase : les travaux et l’engagement citoyen doivent être synchronisés.

Approche de la phase 2
Pour sa deuxième phase, le PIAA adopte une théorie du changement basée sur l’interconnexion de ses composantes : infrastructures, engagement citoyen, compétences des acteurs, gouvernance et institutions. Le message clé de l’atelier de lancement de la composante 3 en découle : sans l’adoption de comportements sains ni l’engagement citoyen, les efforts consacrés à la construction d’infrastructures resteront vains.
Mise en œuvre par le consortium d’ONGs GRET-CDA-AMI, la composante 3 interviendra dans cinquante-deux fokontany pendant trente-six mois.
- Un diagnostic participatif sera mené avec les acteurs locaux, au niveau des fokontany, pour comprendre les problèmes, leurs causes et les conséquences des mauvais comportements ;
- La méthodologie et l’approche IEC seront co-construites sur la base de ce diagnostic, avec une forte implication des jeunes et des femmes ;
- La sensibilisation et la mobilisation de la population se dérouleront également dans les marchés, les établissements scolaires et les centres communautaires ;
- Les relais au niveau des fokontany seront renforcés pour poursuivre la sensibilisation, tout comme les comités locaux, notamment pour la gestion d’un fonds d’entretien ;
- Enfin, des sites pilotes permettront d’expérimenter des solutions fondées sur la nature pour réduire les inondations et la propagation des déchets.

Effets attendus
L’objectif ultime de la composante 3 est l’amélioration de la santé publique mais trois effets sont attendus :
- Des inondations réduites ;
- Des infrastructures pérennes grâce à l’engagement des habitants dans leur préservation et leur entretien ;
- Et une moindre propagation des déchets.

