Région DIANA : Le projet GIRE en région DIANA entre dans sa deuxième année, les objectifs s’affinent.
Le projet de Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) a été lancé en région DIANA au printemps 2025 en partenariat avec la Direction du Développement Régional (DDR) de la Région DIANA et appuyé financièrement et techniquement par l’Agence de l’Eau Artois-Picardie (AEAP). Coordonnée par l’Office International de l’Eau (OiEau), cette démarche se veut innovante avec l’intégration d’une composante dédiée à la préservation de la biodiversité. Construit sur 3 axes, le projet appuie la démarche de GIRE dans le bassin du Sambirano pour renforcer la gouvernance locale, alimente les réflexions et les connaissances sur la gestion de l’eau aux échelles régionale et nationale, et propose un plan d’actions pour la mise en place d’une réserve de biosphère dans la Région DIANA. Le projet joue ainsi un rôle de « parapluie », en donnant une cohérence d’ensemble aux différentes initiatives liées à l’eau et à la biodiversité soutenues par l’AEAP. D’autres projets viennent donc s’y intégrer et contribuent, chacun à leur échelle, aux objectifs communs de la démarche GIRE.
Après une première année consacrée à la construction de la démarche et à la mobilisation des premiers acteurs, le projet GIRE DIANA entre aujourd’hui dans sa deuxième année de consolidation et de développement. Ces derniers mois ont été marqués par un travail important de mise en réseau, de rencontres et d’échanges avec les partenaires institutionnels, techniques et financiers, afin de faire avancer les réflexions et de mieux articuler les différentes initiatives autour des enjeux liés à l’eau, à la biodiversité et au développement du territoire.
Dans cette dynamique, l’opérationnalisation du COGEBS, le comité de bassin du Sambirano, constitue une priorité. Cette instance représente en effet une échelle territoriale essentielle pour faire vivre concrètement la démarche GIRE et permettre aux acteurs locaux de travailler ensemble autour des enjeux liés à l’eau dans le bassin versant pilote du projet.
Début juillet, Patrick Frenel, expert GIRE, a effectué une mission en région DIANA, principalement dans le bassin du Sambirano, afin d’accompagner l’opérationnalisation du COGEBS et la cohérence de la démarche GIRE avec les Plan régionaux, pour préparer une réelle appropriation territoriale. Dans cette approche d’opérationnalisation, la mission a notamment porté sur son fonctionnement et sa structuration : légitimité, statut, gouvernance et recherche de mécanismes permettant d’assurer son financement dans la durée. Mais l’enjeu est également de permettre au COGEBS de passer progressivement de la réflexion à l’action, une des priorités de celui-ci, et de mettre en oeuvre son Plan stratégique 2025-2029. Les échanges ont ainsi permis d’identifier plusieurs pistes pour renforcer sa capacité à porter et coordonner des actions concrètes à l’échelle du bassin. Cette mission s’inscrit également dans une réflexion plus large autour du futur Plan régional de développement (PRD), notamment pour le district d’Ambanja. Elle a permis de contribuer à la révision des orientations de développement du territoire en renforçant la prise en compte des enjeux liés à l’eau et aux écosystèmes.
Une approche importante de la démarche consiste à considérer le bassin du Sambirano comme un bien commun, mais également comme un moteur essentiel du développement économique régional. Les ressources en eau et les écosystèmes ne constituent pas seulement des éléments à préserver : ils sont directement liés aux activités agricoles, à l’accès à l’eau, aux moyens de subsistance et, plus largement, au développement du territoire.
Les premiers travaux ont ainsi permis d’identifier des territoires particulièrement liés aux ressources en eau et aux écosystèmes prioritaires, tout en amorçant un inventaire des acteurs concernés. Ce travail doit permettre de mieux comprendre les interactions entre les différents usages de l’eau et de construire progressivement une vision partagée de la gestion du bassin. Face à la fragilité actuelle des mécanismes de gestion et au manque de moyens dédiés à la préservation de ce bien commun, la création d’un fonds d’eau a également été proposée. Celui-ci pourrait contribuer à mobiliser durablement des ressources financières en faveur de la protection des ressources en eau, notamment grâce à une démarche de plaidoyer auprès de futurs contributeurs. Les réflexions engagées ouvrent enfin des perspectives autour de la mise en place d’une trame verte et bleue. L’objectif est de renforcer la résilience des écosystèmes, mais aussi celle des activités économiques et des organisations locales qui dépendent directement de ces ressources.
Nouveau projet qui débute sous le « parapluie » GIRE DIANA
Dans un second temps, la démarche GIRE prend désormais une nouvelle dimension avec le lancement d’un projet porté par Hydrauliques Sans Frontières (HSF), avec le soutien de l’Agence de l’Eau Artois-Picardie. Intégré au « parapluie » GIRE DIANA, ce nouveau projet intervient dans le fokontany de Migioko, au sein de la commune rurale d’Ambohimarina, où l’accès à une eau de qualité constitue un enjeu important pour les populations.
Le projet vise à reprendre et finaliser des infrastructures d’accès à l’eau laissées à l’abandon depuis plusieurs années, à la suite de l’arrêt d’un précédent projet. Une première phase d’étude est actuellement menée afin de faire le point sur l’état des installations existantes et de déterminer les travaux nécessaires à leur remise en fonctionnement. À terme, le projet prévoit la mise en place d’un système d’adduction d’eau potable comprenant notamment un captage, un système de filtration, un réservoir et des conduites. Des solutions adaptées en matière d’assainissement seront également recherchées afin d’aborder la question de l’accès à l’eau de manière globale et durable.
Cette action illustre concrètement la complémentarité entre la démarche GIRE et les projets opérationnels menés sur le terrain : la GIRE permet de construire une vision commune à l’échelle du territoire, tandis que des projets comme celui de Migioko permettent de répondre directement aux besoins des populations.
Donner une place à la jeunesse
La pérennisation de la démarche GIRE passe également par le développement des compétences locales et l’implication de la jeunesse. Le projet souhaite ainsi renforcer son appui à la nouvelle génération de techniciens et de professionnels de l’eau et de la biodiversité.
Dans cette perspective, un partenariat est actuellement en cours de construction entre l’Institut Supérieur de Technologie (IST), l’Université d’Antsiranana, la Région DIANA et l’Agence de l’Eau Artois-Picardie. L’objectif est notamment de faciliter l’accueil d’étudiants en stage sur les différentes thématiques du projet GIRE, mais aussi d’explorer de nouvelles possibilités de collaboration entre les institutions, les établissements d’enseignement supérieur et les acteurs du territoire.
Cette dynamique est déjà concrète : deux étudiants de l’École Polytechnique sont actuellement mobilisés aux côtés de HSF dans le cadre du projet de Migioko. Ils participent notamment aux relevés et aux études nécessaires à la réhabilitation et au développement des infrastructures d’eau.
À travers ces différentes actions, le projet GIRE DIANA poursuit progressivement sa structuration et entre désormais dans sa deuxième année avec une dynamique qui se concrétise de plus en plus. Au-delà des actions déjà engagées, les derniers mois ont également été marqués par de nombreuses rencontres et discussions avec les partenaires institutionnels, techniques et financiers, permettant de faire avancer les réflexions, de renforcer les collaborations existantes et d’ouvrir de nouvelles perspectives. Cette dynamique doit se poursuivre dans les prochains mois avec le développement de nouvelles collaborations et de nouveaux projets, notamment avec l’Alliance Française à partir de novembre. L’objectif est ainsi de continuer à élargir progressivement le « parapluie » GIRE, en favorisant la complémentarité entre les initiatives et en mobilisant de nouveaux acteurs autour des enjeux liés à l’eau, à la biodiversité et au développement du territoire.
Dans le bassin du Sambirano, territoire pilote du projet, cette dynamique commence déjà à prendre des formes concrètes, à travers le renforcement du COGEBS et de la gouvernance à l’échelle du bassin, le développement de projets opérationnels comme celui de Migioko, mais aussi la construction de partenariats avec les établissements d’enseignement supérieur. Ces différentes initiatives contribuent à créer progressivement les conditions d’une action collective et durable à l’échelle du bassin, en associant gouvernance, projets de terrain, développement des compétences et mobilisation des acteurs. L’enjeu est désormais de poursuivre cette dynamique, de consolider les partenariats engagés et de faire émerger de nouvelles initiatives, afin que les réflexions portées par la démarche GIRE puissent progressivement se traduire en actions concrètes au bénéfice des populations, des activités économiques et des écosystèmes du Sambirano.

